Le Piano de la Plage: Benjamin Biolay, Hommage à Charles Trenet. Antonio Luis Albás, (2015)

 

Le vieux piano de la plage ne joue qu’en fa qu’en fatigué
Le vieux piano de la plage possède un la qui n’est pas gai
Un si cassé qui se désole
Un mi fané qui le console
Un do brûlé par le grand soleil du mois de juillet
Mais quand il joue pour moi les airs anciens que je préfère
Un frisson d’autrefois
M’emporte alors dans l’atmosphère
D’un grand bonheur dans une petite chambre
Mon jolie coeur du mois de septembre
Je pense encore encore à toi
Do mi si la

Le vieux piano de la plage ne joue qu’en sol en solitude.
Le vieux piano de la plage à des clients dont l’habitude
Est de danser samedi dimanche.
Les autres jours seuls sur les planches
Devant la mer qui se souvient il rêve sans fin…
C’est alors que je sors tout courbatu
De ma cachette
Et que soudain dehors tremblant, ému,
Devant lui je m’arête
Et c’est inouï tout ce que je retrouve
Comme cette musique jolie m’éprouve
Me fait du mal me fait du bien
Je n’en sais trop rien

Adieu, adieu piano tu sais combien peuvent être cruelles
Ces notes que tu joues faux mais dans mon coeur ouvrant ses ailes
S’éveillent alors la douce rengaine
De mon heureux sort ou de mes peines.
Lorsque tu tapes, tapes, toute la semaine mais le samedi
Quand les jeunesses débarquent
Tu sais alors brigand de la plage
Que ton souvenir les marques
Et qu’un beau soir passé le bel âge
Un autre que moi devant la piste s’arrêtera là et será triste
En écoutant le coeur battant
L’air de ses vingt ans.

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